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François Mayu, No man's Land / Sculpture, 2019
Mayu, François
(né le 15.11.1955 à Saint-Cloud)
sculpteur et peintre français

"No man’s land", 2019

Éclats d'obus et billes de shrapnel en plomb fondues, hauteur...
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François Mayu expose ses sculptures au Grand Palais
Du 12 au 16 février 2020, au Salon "Art Capital" au Grand Palais, François Mayu expose ses sculptures faites à partir d'éclats d'obus qu'il a trouvés au Chemin des Dames.

Retour sur sa démarche artistique : En 2000, François Mayu, diplômé de l’Union Centrale des Arts Décoratifs, quitte l’agence de communication qu’il a cofondée vingt ans auparavant et part explorer un champ de bataille qui le hante : le Chemin des Dames. Son grand-père maternel, Benjamin Bourlier, fut blessé à Verdun. François Mayu n’a jamais rencontré ce dernier, décédé en 1953. Il n’apprendra qu’en février 2018 que son grand-père avait aussi combattu au Chemin des Dames en juillet 1917. Cela fait alors déjà quinze ans que François Mayu séjourne plusieurs semaines hivernales au Chemin des Dames où il arpente les parcelles labourées, les yeux rivés au sol, à la recherche de fragments de la bataille. Sa recherche est fructueuse : il prélève des éclats d’obus en grande quantité, des balles de shrapnel, mais aussi des indices de vie (bouteilles, montre à gousset, fragments de partitions musicales). En décembre 2016, il découvre des ossements parmi une quantité de munitions. Il alerte alors les autorités qui mettent au jour les restes de trois poilus dont deux seront identifiés grâce aux plaques d’identité retrouvées, ce qui permettra à une famille bretonne d’assister aux funérailles d’un membre de leur famille tombé le 16 avril 1917. Mais le travail de François Mayu ne réside pas là.
Il « glane » sur le terrain, sans jamais fouiller, ces fragments d’acier, les nettoie, les martèle, les fond, les soude. Il crée des sculptures longilignes aux silhouettes relevées qu’il ressent lui-même comme apaisées. Mais elles rappellent autant les corps meurtris des soldats ou encore « Le désarroi de l’infirmière ». L’acier déchiqueté témoigne de la trajectoire fatidique des obus, la matière garde la mémoire de l’origine des œuvres sculptées. Certaines d’entre elles, de formes plus abstraites telles une colonne ou un cercle, engagent une réflexion par leurs titres : « Pour quelle victoire ? » ou « La noria ».
Toujours fasciné par le Chemin des Dames, François Mayu peint des toiles minimalistes, interprétations de son ressenti pour ce plateau, théâtre de l’indicible. Lignes d’horizon du champ de bataille, bandes de couleurs blanches ou rougeâtres sur fond noir, stries irrégulières sur fond blanchâtre évoquent un horizon bouleversé, des explosions, des arbres calcinés. Certaines peintures ressemblent fort étrangement à des photos prises à la Grande Guerre, mises en vis-à-vis.

Grâce aux sculptures et peintures de François Mayu, l’Histoire devient tangible, se poursuit, transformée, transcendée par l’art qui nous interroge. Le mouvement des obus - fixé dans les œuvres et leurs photos - nous bouscule, nous perturbe, nous fait réfléchir et ressentir des choses dont nous n’avons pas une mémoire directe. François Mayu résume : « Je contribue à ce que l’on n’oublie pas. »